Mardi 10 novembre 2009

Julienlien Coupapat


Julien, Houria, Fab’ & les autres…

 

Inégalités ou Guerre civile ;

ultra-gauche de la casse & ultra-droite de la caste : une seule Anti-France

 

écrit corsaire II

 

(…) La liberté qu’ils prennent (…) n’est plus défendable, parce que ce n’est plus une liberté. Le moment est venu de dire aux jeunes que leur façon de [faire] est horrible, parce que servile et vulgaire. Plus, le moment est venu pour eux de s’en apercevoir et de se libérer de la préoccupation coupable de se conformer à l’ordre dégradant de la horde.

Pier-Paolo Pasolini

 

 

 

    Depuis la chute du Mur de Berlin le camp national-révolutionnaire a identifié sans trop de peine l’ennemi extérieur, soit l’empire libéral-atlanto-sioniste. Grâce à quarante ans de trahison, grâce à trop d’imprévoyance et de crédulité, à quelques traits de vigueur anti-européiste trop tôt démentis par un repentir pusillanime ; l’Axe de plomb Washington-Sion a eu le temps d’établir en France un gouvernement à sa botte. Aussi a-t-il vomi sur la France tous les scélérats qu’il tient à ses soldes. On a vu des prêtres défroqués à la tête des gay-pride ; la communauté musulmane et le Pape injuriés par la presse, les intellectuels, tout l’establishment ; la Constitution vidée de sa substance et le Code du Travail détricoté. Le camp national-révolutionnaire affrontera demain l’empire s’il accède au pouvoir, comme l’affrontent aujourd’hui Chavez, Poutine et Ahmadinejad. A cette heure, il doit combattre dans le forum sur le terrain des idées, conquérir les esprits par la production d’une critique intelligente et forger une idéologie cohérente, un mythe électrisant ; en d’autres termes il doit convaincre d’erreur l’ennemi intérieur. Pour parler comme l’Incorruptible, disons que cet ennemi intérieur s’est divisé en deux blocs : l’Anti-France d’en haut susnommée et l’Anti-France d’en bas, elle-même scindée en trois fractions, en trois corps d’armée. Ces tiers de la cinquième colonne, celle qui rampe et qui mord au mollet, marchent sous des bannières de différentes couleurs et par des routes diverses : mais elles marchent au même but ; ce but est la désorganisation du mouvement populaire qui s’ébauche, la ruine du concept national-républicain par lequel ce mouvement peut parvenir, c’est-à-dire le triomphe de l’empire. Des intrigants subalternes, souvent même des victimes du système abusées, se rangent de l’un ou l’autre parti : mais les chefs appartiennent, consciemment ou non, à la cause de l’Anti-France et se réunissent toujours contre la vraie Résistance. Les racailles, lors même qu’elles se font la guerre, se haïssent bien moins qu’elles ne détestent le Peuple français. La rue est leur proie ; elles se battent pour la partager, mais elles se liguent contre ceux qui l’habitent.


    La Démocratie périt par deux excès, la violence des gouvernateurs ou le mépris du Peuple pour les autorités qu’il a lui-même élues ; mépris qui fait que chaque faction, que chaque démagogue attire à lui la puissance publique et ramène le Peuple, par l’excès du désordre, à l’anéantissement ou au pouvoir d’un seul. La double tâche de l’ultra-droite et de l’ultra-gauche est de balloter perpétuellement les exploités entre ces deux écueils. Ils n’attendent que des chefs pour se rallier ; ils les cherchent au milieu du Peuple. Leur principal objectif est de nous mettre, Français, aux prises les uns avec les autres. Cette lutte fratricide est l’espérance de l’empire, elle renouerait les trames du fascisme ; elle punirait le camp national de son dévouement, car c’est le camp national qu’on attaque, en détruisant son ouvrage.

 

 

I : La tête aux Totos

 

(…) L’ultra-gauche a compris qu’au sein d’une structure sociale où tout se tient (où l’arrangement de la société est le reflet d’une structure mentale), il n’y a pas de réforme possible : il n’y a qu’une révolution – qui soit la contestation de tout. L[e néo-]écologisme, le néo-marxisme, le [féminisme], le freudo-christianisme sont dans leur logique intérieure quand ils exigent l’abolition de toute l’histoire dont notre culture a été le vecteur ; quand ils dénoncent les institutions (toute institution) comme « aliénantes », le pouvoir (tout pouvoir) comme « répressif », quand ils travaillent à la disparition de l’Etat, à la remise en cause de la [science], à la réhabilitation de la folie, etc. C’est, progressivement, la réalisation du célèbre programme de Pierre Dac : « Pour tout ce qui est contre, contre tout ce qui est pour ».

    L’ultra-gauche danse sur les ruines d’un pouvoir qui se nie. Elle en pourchasse partout les traces et les vestiges. Elle en cerne les « ruses » dans l’inconscient du concept. Jacques Attali (Bruits, Seuil, 1977) prétend libérer la musique de la « norme » - la  libérer, la malheureuse, de l’aliénation de la gamme et du contrepoint. Dans sa leçon inaugurale au Collège de France, Roland Barthes a[vait] déclaré : « La langue n’est ni réactionnaire ni progressiste, elle est tout simplement fasciste ». Il entend[ait] par là que la langue oblige à dire, qu’elle contraint tout locuteur à mouler sa pensée dans la forme d’un langage donné. Ainsi, le spécifiquement humain -la pensée conceptuelle et le langage syntaxique- serait « fasciste ». Toute société en tant qu’elle met en forme un corps social, est « fasciste ». L’Etat est « fasciste ». La famille est « fasciste ». L’histoire est « fasciste ». La forme est « fasciste ». Alors, il ne reste qu’une étape à franchir pour l’avouer : le phénomène humain est « fasciste », puisque toujours et partout, il met du sens, de la forme, de l’ordre, et qu’il s’efforce de les faire durer. Mais en même temps, la « théorie critique » n’aboutit qu’à une perpétuelle frustration. Si tout langage est « fasciste », que faire sinon se taire ? Si tout pouvoir est « fasciste », que faire sinon renoncer à l’action ? Et si la « fête » elle-même se cristallise en Eternel Retour, que deviennent les retrouvailles de l’être avec son propre ? Il reste alors le refus absolu. Les communautés « horizontales », la musique « planante », l’art informel, la drogue, la rupture avec le monde, l’accession -par tous les moyens- à l’univers des essences fraternelles, de l’ « amour » universel et des abstractions métaphysiques. En attendant, comme les structuralistes nous l’annon[çaient], que l’homme disparaisse. Voilà où en est l’ultra-gauche « avancée ».


    Alain de Benoist

 

    Si Charles Martel refoula quatre cents mille Arabes aux portes de Poitiers, Brice Hortefeux et ses pandores laissèrent le centre de cette même ville en proie à une poignée de trublions masqués en goguette qui vandalisèrent l’un des plus vieux monuments chrétiens de France, le Baptistère Saint-Jean, taguant sur ses murs la version abrégée de la locution latine « En cas d’extrême nécessité, ce que le monde produit doit être mis en commun » (omnia sunt communia) : geste spectaculaire, qui signifiait l’oubli par l’Eglise romaine des prescriptions de l’Evangile et au-delà entendait démontrer que se contenter du thomisme comme grille de lecture indépassable en ignorant la culture rationaliste et laïque, puis la culture marxiste et la psychanalyse était un fait de sous-culture, sur laquelle s’est justement modelée l’ignorance indifférentiste de la bourgeoisie française perdue dans l’irrationalisme économique, le formalisme intellectuel et le pragmatisme politique (ou opportunisme). Il s’agissait surtout d’une agression anormale et anachronique due au fait que l’Eglise apparaît comme vaincue, inutile au projet communiste de demain… cependant, nos hooligans anticléricaux oubliaient qu’à ce stade l’Eglise est plus encore inutile au pouvoir et qu’elle est même devenue -depuis la chute de l’URSS- le principal obstacle au projet libéral de consumérisme échevelé.


    Pourquoi ce coup de pied de l’âne en vache ? pourquoi écraser l’infâme une énième fois après le libéral Voltaire, la grande bourgeoisie française de la troisième république et les buschistes de Charlie-Hebdo ? pourquoi, à travers la  profanation de Baptistère, violer la sainte Epouse du Christ, cette femme malade de l’Europe ?

 

    Il y a plus d’esprit que de justesse dans la dénomination d’autonomes par laquelle on a désigné ces gens de sac et de corde. Cette dénomination, qui ne peut s’appliquer dans aucun cas aux opprimés de bonne foi que le zèle et l’ignorance peuvent porter au-delà de la saine colère sociale, ne caractérise pas exactement les titulaires d’un C.A.P de délinquance que la B.A.C et les R.G. laissent agir pour compromettre, par des applications fausses ou funestes (du bris de vitrines aux caillassages d’abribus), les principes sacrés de l’insurrection populaire.

 

    La haine de la Nation, de la Démocratie, de la République représente pour leur gourou, Coupat, le primum de toute pratique politique : c’est en cela que l’empire l’apprécie. Ce principe, l’Anti-France, Coupat l’actualise à travers l’idéologie de la violence. Mais ce n’est pas tellement la violence physique qui compte (nous, Nationaux, la discutons depuys la Terreur jacobine) ; celle qui compte, c’est la violence morale, à savoir le total, l’absolu, l’inéluctable défaut de toute morale (« A nouveau l’action directe, la destruction sans phrase, l’affrontement brut, refus de toue médiation… A nouveau le désir… A nouveau tout cela, l’autonomie… l’orgie, l’émeute… »). C’est cette violence-là (qui va jusqu’à se répudier elle-même comme morale) qui amène Coupat et ses autonomes à l’autre postulat libéral : le refus absolu de toute forme de pouvoir et sa condamnation : le renégat Negri et le commandante Chavez sont aincy enveloppés dans la même réprobation (« Notre tâche est de ruiner la gauche mondiale partout où elle se manifeste, de saboter méthodiquement, c’est-à-dire tant dans la théorie que dans la pratique, chacun de ses possibles moments de constitution… Défaire la gauche, c’est-à-dire maintenir constamment ouvert le canal de la désaffection sociale, n’est pas seulement nécessaire mais aujourd’hui possible. »). Le théorème de l’abstraction absolue de ces principes -que l’on pourrait qualifier de « métapolitiques »- c’est l’extraordinaire indigence de la réflexion sur les choses et les faits, encombrée de préjugés et d’anathèmes (« Le communisme n’est pas un système politique ou économique. Le communisme se passe très bien de Marx ».). Tout est ténèbre et déraison dans ce refus de la tradition, même révolutionnaire (« A nouveau l’expérimentation, à l’aveugle, sans protocole ou presque. Si peu nous a été transmis ; c’en pourrait être une chance… Il est certain que la passion de l’Histoire est en général le partage de corps incapables de vivre le présent ».)


    Ces principes métapolitiques ont amené les « autonomes » à une pratique fanatique : en effet, le plus piquant, à la lecture de ce manifeste du surréalisme politique intitulé Ceci n’est pas un programme (brève histoire de l’autonomisme pour les nuls), c’est la mise sous silence de la manipulation, du noyautage des brigades rouges par les services secrets italiens, l’extrême-droite et les agents de l’OTAN. Aincy Gianfranco Bertoli, qui se déclarait anarchiste en lançant le 17 mai 1973 une grenade dans la préfecture de Milan (bilan : quatre morts et une cinquantaine de blessés), se révélait en 1997, quand la justice italienne présenta les auteurs d’un autre attentat à Milan -celui du 12 décembre 1969 contre la Banque nationale de l’agriculture (succursale sise piazza fontana) qui avait fait dix-sept morts et marqué le début des années de plomb- membre d’un groupe néofasciste. C’est toute la nébuleuse d’extrême-gauche de l’époque qui, frustrée d’être venue trop tard dans un monde trop vieux, de n’avoir pas connu les riches heures de la résistance antimussolinienne, s’est engagée dans une croisade délirante, une « guerre populaire de partisans » sans Peuple ni Parti contre la « trahison » du compromis historique et a servi d’idiote utile armée, d’inconsciente supplétive aux forces néofaffes, aux parrains et aux réseaux dormants implantés par les étasuniens en Italie, pièce maîtresse de l’alliance atlantique et maillon faible dans la chaîne anticommuniste. Elle a sorti son P.38 comme signe de ralliement et comme instrument pour tirer dans les jambes d’abord, pour assassiner ensuite des cadres d’entreprises ou des fonctionnaires d’Etat qu’elle considérait, d’après la grille de lecture simpliste qu’elle a conservé, comme des bourgeois inguérissables… on estime qu’entre 1969 et 1975, 27% des attentats et des meurtres furent son fait. Ce terrorisme rouge a rejeté progressivement le Peuple italien, écœuré, dans les bras de la droite d’argent la plus crasse telle qu’on la voit parader de nos jours.


    Les Communistes ont sans cesse depuis Lénine incarné le juste milieu entre les ours savants de la social-démocratie (Kerenski, Blum, Strauss-Khan…) et les ours épileptiques du romantisme spontanéiste, révolutionnaires en chlamyde, esthètes adolescents. Nous devrions nous interroger, à leur suite et à celle de Dany-Robert Dufour, sur la mutation post-moderne (ce que Lyotard appelle « la fin des grands récits » et qui correspond en France à la suspension du roman national depuys l’introduction dans notre geste du mythe antiraciste dont la réaction philosémite -décrite par Ivan Segré- constitue l’achèvement) qui laisse le sujet contemporain en panne de récits fondateurs : nous sommes passés d’un sujet moderne (critique au sens kantien du terme et névrotique au sens freudien du terme) à un sujet post-moderne (a-critique et post-névrotique). Or, ce nouveau sujet (flexible, si ce n'est précaire) fait bien l'affaire du libéralisme ambiant dans la mesure où il peut s'accorder bien mieux que l'ancien sujet critique aux flux toujours mouvants de la circulation de la marchandise. Ce qui nous amènerait à développer une interrogation quant aux philosophies post-modernes des années soixante (Deleuze et sa théorie des identités fluctuantes, Foucault…) : elles sont alors apparues comme hautement « révolutionnaires » dans leur critique des institutions ; demandons-nous s'il ne faudrait pas aussi les penser comme ayant accompagné le changement de mode de régulation du capitalisme qui abandonna le contrôle institutionnel au profit d'une désinstitutionnalisation généralisée et entraîna certaines formes de désymbolisation qui favorisèrent moins l'apparition du "schizo" deleuzien ou du "fou" foucaldien que la généralisation des états-limites (voir "Psychanalyse et états limites" in Trouble de la personnalité borderline). L’esprit anarkautonome est un esprit malade, atteint d’une déconstructionnite deleuzienne galopante : renonçant à légiférer sur ce qui l’entoure, il s’interdit toute synthèse pour goûter les délices du subjectivisme radical. A l’instar du trotskardo-libéral le plus mondialiste (La lutte des classes, on n’en veut plus ! déclarait le docteur Kouchner sur le plateau du forum européen -émission d’Arte- le 17 décembre 2005), il proclame le marxisme périmé en jouant de la pirouette intellectuelle (cf. Foucault dans son Les Mots et les Choses, 1966 : Le marxisme est dans la pensée du XIXème siècle comme un poisson dans l’eau (…) partout ailleurs, il cesse de respirer.) ; en d’autres termes, l’exploitation décrite par Marx a disparu, cédant la place à la lutte sans rémission des maîtres et des esclaves. Foucault et ses beatniks d’héritiers n’ont point saisi que l’analyse marxiste parlait non d’un état particulier de la société situé historiquement et géographiquement mais bien d’un mode de production, dont les formes se renouvellent mais dont les lois de fonctionnement demeurent : lié à la propriété privée de l’industrie (et de la cybernétique après la révolution de la science appliquée), il traite la force de travail humaine (celle de la main et celle du cerveau) comme une marchandise qui s’achète et se consomme, son objectif étant le profit qu’il peut tirer de son utilisation. Fondé sur l’existence du Capital, il tend donc, par essence et non par accident, à sa reproduction élargie, quelle qu’en soit la conséquence humaine ; et il procède à une marchandisation générale des activités, mesurant celles-ci à l’aune de l’argent qu’elles peuvent rapporter, noyant tout dans les eaux glacées du calcul égoïste. C’est sur cette base que l’on peut comprendre toutes ses évolutions historiques : intensification de l’exploitation, pression sur les coûts du travail, transformation des techniques de la production, rôle de la science dans l’activité économique, concurrence entre capitalistes, concentration de la société privée, pillage des ressources des pays pauvres, extension des marchés à l’échelle internationale pour trouver des débouchés à la production, guerres dans un premier temps, puis dépassement à terme des frontières… dès lors, on voit bien tout l’intérêt que le système peut tirer d’un « dépassement du marxisme » par une phraséologie sommaire condamnant la lutte des classes elle-même comme abstraction aliénante et ambitionnant de doubler le libéralisme dans l’outrance progressiste, soit la suppression de toute valeur réunissant davantage d’êtres que les partenaires d’une communauté de quartier, îlot de communisme, comme ils disent. Notons que ce dépassement se fait attendre depuis plus de quarante ans ; mais pourquoi renoncer à une théorie sous prétexte que l’expérimentation ne la vérifie point ? sachons rêver, que diable !

Dans Le Divin Marché, la révolution culturelle libérale,  Dufour tente de montrer que, bien loin d'être sortis de la religion, nous sommes tombés sous l'emprise d'une nouvelle religion conquérante, le Marché, fonctionnant sur un principe simple mais redoutablement efficace mis au jour par Bernard de Mandeville en 1704 : "les vices privés font la vertu publique". Ce miracle étant permis par l'intervention d'une Providence divine (cf. la fameuse "main invisible" postulée par Adam Smith). D.-R. Dufour tente de rendre explicites les dix commandements implicites de cette nouvelle religion, beaucoup moins « interdictrice » qu'incitatrice - ce qui produit de puissants effets de désymbolisation, comme l'atteste le troisième commandement : "Ne pensez pas, dépensez !". Du point de vue de l'éducation et de la formation des sujets, Dufour montre que le projet libéral tend à s'inscrire contre une conception de l'école conçue, depuis l'antiquité gréco-romaine, comme scholè puis otium. Cette conception invitait chaque individu, avant son entrée dans le monde des échanges (neg-otium), à se livrer à un travail de maîtrise de soi afin de ne pas avoir à subir ses propres passions, ni celle des autres. Nous devons donc bien distinguer entre deux conceptions de l'éducation, antagonistes. Dans la conception classique, il faut pratiquer le contrôle et la maîtrise des passions. Dans la conception libérale, il faut libérer les passions et les pulsions. Selon D-R Dufour, plus ce projet triomphera, plus nous assisterons à la mise en place d'un monde pulsionnel, grandement désymbolisé. Cependant, ce monde pose un nouveau problème : le contrôle des passions et des pulsions ne s'effectuant plus au niveau symbolique, il devra, de plus en plus, être pratiqué directement au niveau des corps, de l'intérieur (par des molécules) et de l'extérieur (par l'extension des techniques de surveillance) - ce qui n'est sans conséquence sur le fonctionnement démocratique des sociétés libérales. Les flancs-gardes et les phalanges de l’ « autonomie » se révèlent de facto les meilleurs convoyeurs du bio-pouvoir qui s’instaure.

    Plus généralement, Le Divin marché, publié un an avant le début de la grande crise financière de 2008, décrit et analyse les effets potentiellement dévastateurs du principe libéral (porté à ses ultimes conséquences avec l'ultralibéralisme), non seulement dans l'économie marchande, mais aussi et surtout dans les autres grandes économies humaines : les économies politique, symbolique, sémiotique et psychique - sans oublier celle qui les englobe toutes, l'économie du vivant.

   Dans son dernier livre, La Cité perverse -libéralisme et pornographie (octobre 2009), Dany-Robert Dufour tente de montrer que la crise économique et financière ouverte en octobre 2008 a eu au moins un bienfait, mettant à nu les mécanismes pervers qui régissent aujourd'hui le fonctionnement de la Cité. Si l'auteur s'efforce de les révéler, c'est parce qu'il est fort possible que bientôt, en attendant une nouvelle crise de plus grande ampleur encore, tout redevienne comme avant. Mais entre-temps, l'ampleur des dégâts sera apparue sans fard. Nous vivons dans un univers qui a fait de l'égoïsme, de l'intérêt personnel, du self love, son principe premier. Ce principe commande désormais tous les comportements, ceux de l'«hyperbourgeoisie» ou des bandes de jeunes délinquants comme ceux des classes intermédiaires. Destructeur de l'être-ensemble et de l'être-soi, il nous conduit à vivre dans une Cité perverse. Pornographie, égotisme, contestation de toute loi, acceptation du darwinisme social, instrumentalisation de l'autre : notre monde est devenu sadien. Il célèbre désormais l'alliance d'Adam Smith et du Marquis de Sade. À l'ancien ordre moral qui commandait à chacun de réprimer ses pulsions et ses désirs, Dufour tente de montrer que s'est substitué un nouvel ordre incitant à les exhiber, quelles qu'en soient les conséquences. Il analyse le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui comme le résultat du renversement de la métaphysique occidentale qui s'est effectué en un siècle entre la philosophie puritaine de Pascal et la philosophie putaine de Sade. Sade avait tellement bien donné à voir ce que serait un monde soumis au principe de l'égoïsme absolu qu'il avait fallu l'emprisonner 27 ans de sa vie et l'enfermer pendant deux siècles dans l'enfer des bibliothèques. Pasolini, dans Salo ou les 120 journées de Sodome, avait établi que l’individualisme libéral athée trouvait dans la barbarie fasciste son plus pur accomplissement. Il nous faudrait explorer en détail le retour de Sade, d'abord masqué, puis à découvert au XXe siècle et le monde qui en résulte, véritable piège amoral. Les réunions à thème auxquelles se livrent les groupuscules anarkautonomes, finissant bien des fois en partouzes (beauté de la spontanéité !) nous offrent à cet égard des pistes sérieuses.

    Lacordaire avait prédit que l’émeute finirait par tomber sur les églises… il ne se doutait pas que cette catastrophe surviendrait en vertu du fait que l’Eglise ne serait plus un auxiliaire du pouvoir ! cette lâche agression nous dit tout ce qu’il peut y avoir de puéril dans une révolte gratuite, tout ce qu’il peut y avoir d’odieux dans un vain discours. Depuis Robespierre, nous le savons pourtant : les cohortes hébertistes, c’est une jeunesse dorée qui s’encanaille avant thermidor : les ennemis de l’Etat-aliénant ne redoutent point de toucher le R.M.I. ; les ennemis du capitalisme passent par la F.N.A.C. pour écouler leurs stocks de L’Insurrection qui vient. Le Comité invisible est un gant de cuir clouté ; la Main invisible trouve qu’il lui va à ravir pour écraser les dernières valeurs morales collectives qui permettent au Peuple de résister à la tentation de la Barbarie, pour écraser cette décence commune, cet impératif orwellien qui l’empêche de sombrer dans un monde orwellien où le projet du Socialisme serait oublié dans un perpétuel 1984.

   

   

 

 

 

II : La queue mordue de la vipère antiraciste

 

(…) Dans le domaine de la justice humaine le plus dramatique depuis la guerre de 1940, celui de la décolonisation, le système auquel vous [François Mitterrand] apparteniez était à la veille de faire de l’Afrique noire une immense Indochine -en marge de l’Algérie où vous n’aviez su ni faire la guerre, ni faire la paix. La figure qui est aujourd’hui celle de la France depuis Brazzaville jusqu’à Alger -jusqu’à Alger- c’est celle de la droite ou de la monarchie, n’est-ce pas ? Et lorsque le président du Sénégal écrit : De notre point de vue, c’est le Général de Gaulle qui a une position socialiste-révolutionnaire et ce sont ses adversaires qui ont une position conservatrice, parce que néo-colonialiste, c’est sans doute par respect du pouvoir personnel. Au surplus, le président Senghor ne connaît pas l’Afrique.


André Malraux, 15 décembre 1965  

 

    La « neutralité axiologique » revendiquée par le libéralisme-note Michéa dans L’Empire du moindre mal, essai sur la civilisation libérale (Climats, septembre 2007)- a parfois de curieuses conséquences. Rien ne peut logiquement interdire, en effet, que l’on utilise le racisme lui-même, à titre pédagogique, si l’on a de bonnes raisons de penser que c’est un moyen politique efficace pour parvenir à l’égalité des droits (c’est le principe de toute affirmative action). C’est ainsi que Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, a pu tranquillement déclarer (lors d’une émission de Frédéric Taddéï, diffusée sue France 3), et sans susciter, cela va de soi, la moindre réaction politique ou médiatique, que la première condition pour « rééduquer le reste de la société occidentale », était de considérer tous « les Blancs » comme des « sous-chiens » (Cf. Marianne, 30 juin 2007). C’est l’occasion de préciser ici un point de vocabulaire, visiblement ignoré par la plupart des professionnels du monde politique et médiatique : indigène, en français, signifie non pas « sauvage », « primitif », ou « colonisé » mais originaire d’ici (c’est, au fond, le synonyme exact de population de souche). L’antonyme de ce mot est allogène, qui signifie, à l’inverse, d’origine étrangère. Il n’est évidemment pas besoin d’avoir lu Orwell pour deviner ce qui se cache toujours derrière la décision politique et médiatique d’imposer au grand public l’usage d’un mot dans un sens opposé à celui qui est le sien.



    Au cœur de l’occident libéral et supranational, en marche vers la rationalisation absolue des comportements sociaux et la suppression de tous les « archaïsmes idéologiques » (comprenez : des traditions), le racisme est aincy de retour. On pourrait s’étonner de cette marche à contretemps ; mais la science politique n’est pas la philosophie. Si celle-là, selon Aristote, commence avec l’étonnement, celle-ci a pour axiome que jamais rien n’est étonnant ; et l’un de ses exercices favoris est de montrer combien était prévisible ce que, par ailleurs, elle a été impuissante à prévoir. Le racisme –et non la xénophobie, réplique naturelle d’un Peuple français déséquilibré par l’immigration de masse, les changements du cadre de vie subséquents-  est un phénomène réactionnaire ; et la réaction est un phénomène inévitable du progressisme : pas de modernisation économique sans remise en cause des champs de réflexion traditionnels et fragilisation psychique d’une upple-middle-class d’origine saharienne et subsaharienne étendue sur ces champs. Ces « collabeurs & collablacks » inquiets, menacés dans leur expansion, développent alors des comportements régressifs et agressifs. Ils cherchent des boucs émissaires et les trouvent dans « les autres » : les blancs qui occupent encore une place dans les trois secteurs de production, prolifèrent dans une cité prétendument antiraciste et sont encore considérés comme une majorité par la classe politique.


    Quand les sociétés se transforment, les couches petites-bourgeoises menacées se cramponnent aux souvenirs de leur promotion sociale (même récente) et s’enrôlent dans la réaction. L’antiracisme -sur la toile de fond duquel s’accomplit l’accession des « nègres en chemise » et des « beurres dorés » à des postes de pouvoir économiques et politiques- devint l’idéologie officielle des Etats libéraux (contradiction historique qui confine au pléonasme) et de leurs intelligentsias. La raison de cet apparent paradoxe est simple ; il y a une chose que la niaiserie libérale est congénitalement impuissante à saisir : la raison pour laquelle la fuite en avant peut produire de la chute en arrière. Le Marxisme a porté au contraire à un point de perfection indépassable l’analyse des raisons historiques, économiques et sociologiques qui font que la préhistoire humaine du capitalisme accouche toujours d’autre chose que ce dont elle devait accoucher. En l’occurrence, l’antiracisme mitterrandien accoucha du racisme antiblanc : la lutte des classes fantasmée en course des races, l’idéologie du retour aux racines, consiste au bout du compte dans la réimplantation de ces racines en terre de France. L’esprit français, national, républicain, patriote fut sciemment confondu avec la blanchitude (réfléchissons bien à cet aboutissement mortifère du relativisme initié par Jack Lang, l’anti-Malraux de Mitterrand qui entendait prendre le contre-pied de l’absolutisme gaullien en matière de Culture ; absolutisme qui, en imposant une hiérarchie des valeurs, décourageait pourtant moins les artistes qu’il ne stimulait leur inspiration).


    L’avantage des explications antiracistes par l’habitus colonialiste est qu’elles marchent toujours, quelles que soient lesdites conditions ; et elles marchent toujours pour une raison bien simple : c’est qu’elles n’énoncent en définitive qu’une pure tautologie, à savoir que tous les blancs sont des oppresseurs et que tous les oppresseurs sont blancs. Cette tautologie a surtout le mérite d’assurer, sans même avoir besoin de l’expliciter, son incontestable réciproque : à savoir que tous les non-blancs sont des opprimés et que tous les opprimés sont des non-blancs.


    Il y a deux choses que les Bouteldja et consorts semblent avoir du mal à percevoir : la première est qu’il n’y a pas besoin d’être un leucoderme pour ressentir l’autre comme un obstacle à la jouissance et une menace pour l’identité. A défaut des spécialistes de science politique, c’est un psychanalyste, Jacques Lacan, qui annonçait, il y a plus de trente ans, le nouveau racisme à naître du cœur même d’un système tout entier affairé à la jouissance illimitée ; la seconde est qu’à l’inverse, le plaisir de parler et celui de raisonner sont également partagés par des blancs. Si les énoncés racistes ont toujours abondé avec les promesses de performances sexuelles inouïes, dans la vétusté des toilettes publiques comme dans la modernité des réseaux Internet, c’est qu’ils procurent un égal plaisir : aujourd’hui, on affirme carrément que les « opprimés » doivent se rembourser en nature, par le viol des blanchettes ; n…. t. m… la France ; je me charge des sous-chiennes, blondasses ou rouquines. Inutile de soupçonner la conjugaison d’une misère économico-sociale et d’une misère sexuelle : il y a un plaisir objectif à jouer avec les formulations qui caricaturent les traits de l’autre, ridicule, haïssable ou simplement inférieur ; car il y a d’abord un plaisir à jouer avec les mots, du rap au slam ; précisons que Diam’s ou Joey Starr n’habitent plus la banlieue depuis belle lurette.


    La théorie de Bouteldja est que les blancs, et avant tout, parmi les blancs, les patriotes français, n’utilisent les mots qu’en les chargeant d’un sens qui est celui de leurs besoins, passions, peurs ou frustrations. Dans l’énoncé nationaliste, selon sa thèse, il y aurait nécessairement un poids de passions négrophobes, arabophobes, islamophobes… bref, il faudrait y croire et avoir de bonnes grosses raisons d’y croire pour que ça marche. Bouteldja ne pige pas que l’immense majorité des Français de souche sont aussi les destinataires quotidiens de messages, politiques ou publicitaires, qui jouent tous l’un ou l’autre des deux registres dominants de la communication : l’explication savante ou la dérision ; et les « sous-chiens » suivent très bien. D’un côté la prêtresse de l’antiracisme-antiblanc parle comme une savante : elle dit de moins en moins que les blancs sont cons, lâches ou salauds ; elle explique de plus en plus qu’il y a des contraintes sociales, des problèmes de compatibilité et d’incompatibilité entre les cultures, des seuils de tolérance et qu’en définitive il faut jeter les blancs à la mer parce que, si on ne les « rééduque » pas, cela risque de créer du racisme et on devra les passer à la gégène. De l’autre, elle sait très bien jouer avec le statut de réalité indécidable et d’énonciation ambiguë qui caractérise la circulation des messages médiatiques. Il n’est guère aujourd’hui de publicité pour un produit qui ne soit un jeu de mots ; guère d’appel au désir ou de demande d’adhésion à une croyance qui ne passe par un soupçon ou une dérision plus ou moins prononcés de l’objet du désir ou de la forme même de la croyance. Ce n’est point par la croyance forte, enracinée dans la tradition vécue, que l’on adhère à l’« ordre » libéral. C’est au contraire par le jeu sur les mots, le soupçon sur la croyance et le caractère indécidable de l’opinion.


    L’antiracisme antiblanc qui se développe à l’heure présente n’est pas -nous le redisons- le fait d’une majorité de la population d’origine saharienne et subsaharienne, largement prolétarienne et banlieusarde. Il est cependant synchrone avec les formes de légitimation d’une droite financière issue des ports négriers et des trafics coloniaux. Il reproduit les formes dominantes de description de la société et le mode régnant de l’opinion, celui de la croyance incroyante, de la croyance qui n’a pas besoin d’être crue pour faire effet. La sociologie gauchiste, d’accord en cela avec l’antiracisme originel comme avec le discours sarkozyen, s’imagine que la déflation des croyances rend les passions collectives plus difficiles et assure aincy la division des forces révolutionnaires. En effet, l’incroyance et le soupçon produisent un racisme intellectualiste. En conclusion, la France -seul Etat colonisateur contre lequel les colonisés se révoltèrent au nom de ses propres valeurs- la France n’aura pas le droit de définir son identité nationale ; elle devra se résoudre à n’être qu’un conglomérat d’identités adverses qui dessineront leurs propres contours, selon la pure logique communautariste et libérale anglo-saxonne. Bouteldja répond aux « Identitaires » : l’ânesse se frotte aux bourrins, l’abyme appelle l’abyme… tout va très bien, monsieur le président.

 

    Pourtant, je ne suis pas inquiet pour l’avenir, mademoiselle Bouteldja. Je ne suis pas inquiet parce que la France, si elle est le plus germanique des pays latins, reste le plus latin des pays germaniques : il n’y aura pas besoin de supplices pour nous « réeduquer » ; nos races s’éduqueront de concert. Votre front négro-maghrébin se fracturera sur le rocher de la volonté française. Le sang neuf du bled et de l’oued va se mélanger au vieux sang des campagnes et des bourgs et se faire absorber par lui : les filles de vos filles seront mâtinées et leur filles, blanches comme des cierges de Pâques. Les mariages mixtes dont la France a le secret depuys l’invasion romaine enrayeront le processus de racialisation des rapports de classe, ils permettront d’en finir simultanément avec ces ghettos où s’entasse un lumpenproletariat déraciné et avec les Ramada Datyade, ces Marie-Chantal du Tout-Paris métissé mais toujours cousu d’or.

 

 

III : Pourquoi les Identitaires français sont tous des juifs allemands

 

    Maxime : ne fréquenter personne qui participe à la mensongère escroquerie raciale. (Combien il faut se complaire dans le (…) marécageux pour aller pêcher des questions raciales dans l’actuel embrouillamini européen !)

Friedrich Nietzsche

 

    En réponse à Bouteldja, les théoriciens d’une race blanche supérieure à toute autre ont identifié l’esprit français, national, démocrate, républicain, patriote, esprit d’assimilation, à l’immigrationnisme aincy qu’à l’ismalophilie. Il s’agit à présent de défendre l’Europe blanche. Nous ne nous étendrons point sur la « doctrine » du Bloc Identitaire : après le Black Bloc anarkautonome, avec lequel ce White Bloc d’organisation prussienne et de philosophie judaïque offre un contraste saisissant -comme il se montre diamétralement opposé au front négro-maghrébin des « Indigènes » de la République- les « Identitaires » se sont moins fait un nom dans l’élaboration d’un corpus théorique que dans la diffamation hystérique à l’égard des Nationaux ; leur jugement sur Soral, directement tiré des calomnies qu’éructe le crapaud procureur Faye, résume négativement leur vision du monde. Aussy nous élèverons nous vers d’autres sphères :


    Si le racialisme de Gobineau n’a pas fait école en France, écrit Pierre-André Taguieff (La Couleur et le Sang, Mille et Une Nuits, 2002), c’est notamment du fait de l’incompatibilité du nationalisme français, incarné par l’Action Française (fondée en juin 1899), avec toute forme de matérialisme biologique. Charles Maurras, en effet, traitait volontiers le comte de Gobineau, père du racialisme Français, de Rousseau gentillâtre ou de stupide et indigne français, selon l’humeur mais avec une belle constance. Selon le défenseur d’un nationalisme intégral, la pensée de Gobineau était en ce domaine pénétrée de germanisme et d’esprit allemand. 


   Comme il l’écrira le 1er octobre 1926 dans son quotidien : Nous sommes des nationalistes. Nous ne sommes pas des natioanlistes allemands. Nous n’avons aucune doctrine qui nous soit commune avec eux. Toutes les falsifications, tous les abus de textes peuvent être tentés : on ne fera pas de nous des racistes ou des gobinistes.


    En 1937, se félicitant de l’encyclique du pape Pie XI Mit brennender Sorge (« Avec une vive inquiétude ») condamnant le nazisme, Maurras parlera du racisme comme de son vieil ennemi, rappelant que dès 1900, ses maîtres français et anglais, Gobineau, Vacher de Lapouge, Houston Chamberlain, avaient été fortement signalés par nous à la défiance des esprits sérieux et des nationalistes sincères.


    Quand, en juin 1900, le jeune Bainville recensa complaisamment le livre de Vacher de Lapouge intitulé L’Aryen, son rôle social, dans la Revue grise d’A.F., Maurras tança effectivement ce compagnon et le mit en garde contre les rêveries de race pure.


    Cette critique radicale du racisme par le Martégal fera des émules chez les nationalistes français, particulièrement dans la génération des anticonformistes des années 30. Le 30 mai 1933, au lendemain de la victoire électorale d’Hitler en Allemagne, Thierry Maulnier écrit dans L’Action française : « Le racisme et l’étatisme ne peuvent correspondre qu’à des sociétés imparfaites. Une société dans laquelle la civilisation a atteint ses sommets les plus rares ne peut se contenter de telles significations, l’édifice des valeurs les plus aristocratiques ne saurait abriter ces religions grossières, dont la pauvreté spirituelle n’a d’égale que la malfaisance et la stérilité ». Cependant que son ami Jean-Pierre Maxence pousse un cri du cœur : Le racisme, écrit-il dans La Revue du siècle, répugne à l’esprit français. Il y a dans le nationalisme français des valeurs universelles et assurées qui se refusent à toute attitude agressive ou impérialiste. C’est du Jaurès.


    Exilé volontaire au Brésil, l’ancien camelot du roi Georges Bernanos écrit en décembre 1940 un article repris dans Le Chemin de la Croix-des-Ames où il est dit : Je ne méprise nullement l’idée de race, je me garderais plus encore de la nier. Le tort du racisme n’est pas d’affirmer l’inégalité des races, aussi évidente que celle des individus, c’est de donner à cette inégalité un caractère absolu, de lui subordonner la morale elle-même, au point de prétendre opposer celle des maîtres à celle des esclaves (« Race contre Nation », in Essais et écrits de combat II, Gallimard, 1995). Et le romancier catholique d’opposer la richesse des nations à l’archaïsme des races. Maurras allait encore plus loin, assurant volontiers qu’aucune origine n’est belle, ajoutant : La beauté véritable est au terme des choses (in Anthinéa : d’Athènes à Florence, 1901).


    L’un des principaux héritiers intellectuels de Maurras, le métaphysicien Pierre Boutang, n’est pas en reste quand il [écrit] 1949 dans son pamphlet La République de Joinovici : «  Je ne suis pas raciste. Le comte de Gobineau m’ennuie quand il n’est pas romancier. Vacher de Lapouge ne me semble devoir intéresser que les éleveurs ; j’ai une autre idée que Rosenberg de l’homme, cet être étonnant entre tous, qui vit dans les cités, mais dans sa solitude (…) modèle son rapport à Dieu ».


    Au racialisme pessimiste d’Arthur de Gobineau, à l’eugénisme d’un Georges Vacher de Lapouge, le nationalisme français -écrit Jacques Cognerais- a opposé une conception de la nation forgée par l’histoire (…).


    Depuis l’élimination des discrimanations explicites contre les Nègres aux USA et la fin de l’apartheid sud-africain, il n’existe plus au monde qu’une seule démocratie ethnique : l’Etat d’Israël. Pour ce qui concerne la stucture familiale (c’est-à-dire son rapport au monde), la culture juive est inégalitaire. Un examen de l’Ancien Testament montre une prédominance modérée de la primogéniture masculine, avec une double part pour les aînés selon les règles d’héritage du Deutéronome. Sur le plan de la démocratie politique, nous renseigne Emmanuel Todd, le système israélien est très proche des formes originelles américaine ou anglaise et surtout de la formule athénienne du Vème siècle avant Jésus-Christ à cause de la prégnance du fait militaire. Les cités grecques vivaient par la guerre autant que pour la culture, tout comme Israël installé dans son conflit avec le monde arabe.


    Formellement, la démocratie israélienne est parfaite. La liberté d’expression y est complètement assurée. Les affrontements partisans n’y menacent jamais d’effondrement le système de représentation. Mais l’homogénéité du corps des citoyens est assurée par la présence d’un ennemi immédiat, l’Arabe, qu’il s’agisse de l’Arabe indépendant du Liban, de Syrie, de Jordanie ou d’Egypte, de l’Arabe colonisé de Cisjordanie, ou de l’Arabe de nationalité israélienne, électeur mais marginalisé. Ici (…) le mariage mixte, par son absence, révèle la nature profonde du système social et politique. Israël est bien une démocratie ethnique, dans laquelle l’égalité des citoyens s’appuie sur une différence radicale avec un peuple extérieur partiellement dominé.

   

    Les adeptes d’un Völkisch à la française, les artisans d’une länderisation de la République Une & Indivisible (héritière du Royaume de France où la couronne symbolisait l’unité suprême) ont déjà reçu les félicitations du CRIF pour leur joli travail ; demain, l’UMP financera leur campagne aux régionales : quand les tresses de Bouteldja s’agitent au vent, la queue de Doriot se ranime.

 

*

    L’infra-idéologie des « autonomes » qui aliène les consciences au profit d’une restauration nihiliste; les appels à la ratonnade des « Indigènes » qui retardent au nom du tribalisme l’assimilation des populations sahariennes et subsahariennes au Peuple français, seule force capable de renverser l’Anti-France d’en haut ; les imprécations des « Identitaires » qui menacent l’Identité nationale, sont les trois modes sur lesquels se joue l’ensauvagement des damnés et des déshérités. L’Anti-France d’en bas fournit aincy le meilleur argument -celui de la lutte pour la civilisation- aux mercenaires de Sarkozy lorsque ceux-ci, demain ou après demain, recevront l’ordre de faire une seconde rue Transnonain à Villiers-le-Bel. Nous autres d’Egalité & Réconciliation, fidèles aux enseignements d’André Malraux, de Senghor et de Charles Maurras, prétendons que la lutte des classes est le seul remède au racisme ; nous pensons que Chamfort eut le mot de la fin quant aux rapports de l’anticolonialisme et du socialisme en disant : les pauvres sont les nègres de l’Europe ; le seul antiracisme conséquent est compris dans l’humanisme marxiste ; le métissage généralisé et permanent, c’est la mort des différences et le début du conformisme, en somme, le meilleur des mondes. Nous ne voulons ni d’une France métissée, ni d’une France uniformément blanche ; nous la voulons telle qu’elle fut toujours : terre d’immigration lente et modeste (ce qui exige d’en finir avec l’immigration massive et rapide que nous subissons depuis Giscard), terre majoritairement blanche d’une blancheur gauloise et non aryenne. Nous voulons épargner au Peuple français le Désordre Immoral du libéralisme libertaire, corollaire à l’Ordre Moral du libéralisme sécuritaire : la matraque est un godemiché comme les autres, et la persécution des esprits ne répugne point au supplice du pal.


     L’Etat-UMP donne des instructions et assure de sa protection politique de vieux miliciens -pour qu’ils maintiennent en place et en réserve l’organisation d’un éventuel dix-huit brumaire ter- de jeunes petits blancs et de boutonneux nervis -pour qu’ils créent la tension raciste, antisocialiste- et enfin des criminels ordinaires -pour qu’ils créent la tension antifasciste, antinazie qui suivra- jusqu’à présent et peut-être à jamais non identifiés. Des personnes sérieuses et importantes se trouvent derrière les tragiques adolescents qui choisissent les suicidaires atrocités fascistes et derrière les repris de justice, qui s’offrent comme bouffeurs de curés et de flics. Pour ces trois formes exacerbées du communautarisme, ces trois têtes du Cerbère que le système jette aux jambes des Patriotes, valent deux postulats de base : 1°_ la France existe… dès lors qu’elle est coupable (peuple de lâches, abstraction aliénante, état centralisateur ennemi des différences, administration ennemie de la conscience ; en bref le plus libéral des credo) 2°_ perversion du rousseauisme : l’homme est bon… sauf le Français qui naît mauvais.


    Rien ne ressemble plus à l’apôtre du mondialisme que le prédicateur intempestif du localisme communaliste ou de l’enracinement provincialiste. Un nouveau mai rampant peut cacher nombre de vieux réseaux dormants. La surclasse transnationale et le citoyen du monde s’entendent assez bien. Le gothique au crâne ras couvert de pendentifs païens et le laïcard à queue de cheval qui prêche l’athéisme ont entre eux des rapports étroits.


Les patrons libertaires sont les frères des traders de Wall Street ; et quelquefois les drapeaux noirs, les blousons noirs, sont plus voisins des chemises noires qu’on ne pourrait le penser.

 

    A nouveau les barbares sont aux portes de Rome : mais cette fois, Rome est l’Internationale et les barbares sont l’Empire.

 

Protadius

Par Protadius
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