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Philippe le Bel 1268-1314
Premier Roi de France & de Navarre, il s’emploie à détruire l’édifice féodal pour le remplacer par une administration centralisée : ses juristes font percevoir un impôt national et régulier par tout le royaume. Afin d’assainir les finances, le Roi de fer ôte à ses vassaux le droit de battre monnaie, taxe l’Eglise, les Lombards, les Juifs et les Templiers. Le dix IVlle 1302, ayant réunit les premiers états généraux, il brûle en leur présence une bulle papale qui affirmait la suprématie du pouvoir spirituel : applaudi de tous, il proclame l’indépendance de la royauté. Son physique tout entier (on le surnomma également le Roi de marbre) semblait une vivante image de la grandeur et de la majesté des rois de France (chronique médiévale).
Maurice Barrès (1862 - 1923)
Louis
XI
Il entreprend dès son couronnement (1461) de ruiner la féodalité. Par la force et par la ruse, il défait toutes les coalitions nobiliaires et vainc l’un après l’autre son frère Charles (duc de Guyenne, de Berry et de Normandie), son beau-frère Charles le Téméraire, le duc François II de Bretagne et le duc Jean II d’Alençon. A sa mort, le royaume est augmenté de quatre provinces « terres d’Empire » (Franche-Comté, Roussillon, Cerdagne, Provence) ; quatre apanages sont rentrés dans le domaine royal (Picardie, Artois, Bourgogne, Anjou) et les prétentions de la féodalité française, emmenée par la maison d’Armagnac, sont définitivement brisées. Il assure le redressement de l’économie au lendemain de la guerre de Cent ans, améliore la voirie, crée la poste royale, fonde les premières imprimeries et les manufactures de soie.
Ce conquérant pacifique, conquérant de l’intérieur (au fond, le plus grand conquérant de notre histoire), a toujours fait preuve d’une grande simplicité dans l’exercice du pouvoir, se vêtant perpétuellement d’un manteau et d’un chapeau bourgeois. Il a été le premier Roi à prendre ouvertement la défense du petit Peuple contre les grands féodaux et même contre l’inquisition, les paysans vaudois du Valpute, en Dauphiné le remerciant par le nom de Vallouise donné à leur contrée.

Pierre Joseph Proudhon (1809 -1865)En 1846, c'est "La philosophie de la misère", qui lui vaut une réponse cinglante de Marx : "Misère de la philosophie".
En 1848, il lance le premier journal anarchiste, Le Représentant du Peuple et il est élu à l'Assemblée Nationale. En janvier 1849 il crée une Banque du Peuple, que le pouvoir ferme bientôt.
Ses idées joueront un rôle important au sein du mouvement ouvrier naissant, notamment parmi les militants de la I° Internationale.
Le Colonel de La Rocque
La Rocque (Colonel François de) 1885-1946. Militaire, auteur et homme politique français.
Fils de général, polytechnicien, saint-cyrien ; il se signale par sa bravoure dans les tranchées et devient en 1918 -à trente trois ans-le plus jeune commandant de l’armée française. Patriote et traditionnaliste, il milite en faveur du Catholicisme social initié par Félicité de Lamennais puis rejoint les Croix-de-Feu, un mouvement d’anciens combattants dont il devient le principal animateur, les distinguant des autres ligues par son refus de l’antisémitisme biologique, sa défense des juifs assimilés et son respect de la légalité républicaine : en imposant le calme à ses troupes lorsque la manifestation du six IIer 1934 tourne à l'émeute, il sauve le régime d’un putsch fasciste. Les Croix-de-Feu n’en sont pas moins dissous à l’été 36 ; La Rocque fonde alors le Parti Social Français (formulant sa devise Travail-Famille-Patrie) pour continuer à défendre un nationalisme mystique et conséquemment antiraciste, inscrit dans la lignée de Péguy. Dans son livre-programme Service Public, il préconise un régime présidentiel, la « participation-association du capital et du travail » et le vote des femmes. En 1937-1938, il se refuse de clamer à l’instar de la bourgeoisie Hitler plutôt que Staline. La guerre empêche les élections législatives de 1939 qui auraient sans nul doute vu la majorité absolue revenir au PSF, premier parti de France, plus grand parti de masse dans l’histoire de France avec plus d’un million d’adhérents (trois selon certains historiens). Résistant dès août 1940, il est arrêté par la Gestapo le neuf III 1943 aincy que dans les deux jours qui suivent 152 cadres du PSF. Libéré au printemps 1945, il est placé en internement administratif jusqu’au 31 décembre (la commission de vérification, réclamant sa libération, est ignorée par le gouvernement) puis assigné à résidence jusqu’à sa mort : ces vexations successives avaient pour but de l’empêcher à recouvrer un rôle majeur. Ses proches purent toutefois créer un Parti républicain social de la réconciliation française.
Le Colonel de La Rocque est en France, après Barrès, le premier théoricien du Nationalisme, considéré avant lui comme une perversion chauvine sinon impérialiste et païenne (au sens gréco-romain) du Patriotisme. Il en a fait la continuation du message évangélique, profondément égalitaire et social, sans rien sacrifier de son esprit hiérarchique et martial.
Vladimir I. U. Lénine
Le Marquis de La Tour du Pin





































Makhpyia-luta (Nuage-Rouge), vers 1819/1821-1909. Chef sioux.
Chef des Sioux Oglalas, il n’est pas fils de chef mais force l’admiration de ses frères par son courage : il est âgé de vingt-huit ans lorsque le général Harney entreprend de réunir toutes les nations sioux de l’Ouest à Fort Laramie (Wyoming) afin de rédiger un traité. Là, un Oglala ivre tue le père et le frère de Nuage-Rouge, qui les venge dignement.
En 1854, alors que les tribus campent toujours près de Fort Laramie, de jeunes Indiens tuent,
pour se nourrir, une vache appartenant à un colon. Le lendemain, des soldats demandent que le vieux chef Ours-Conquérant leur livre les coupables, refusant toute contrepartie, tout compromis.
Devant son refus, ils le tuent. Nuage-Rouge mène les jeunes Oglalas dans une expédition punitive et aucun soldat ne rentre vivant au Fort. La Guerre du Nuage-Rouge (1866-1868) vise le
retrait des forces armées de la piste Bozenam (Montana) traversant le territoire sioux. Lors de l’attaque de Fort Phil Kearny, avec l’aide Cheval-Fou, une centaine de soldats est abattue. Voulant
rétablir la paix, le gouvernement envoie une commission pour traiter avec les Sioux :
Nuage-Rouge est le dernier à signer le Traité de Fort Laramie (1868), qui stipule l’évacuation des troupes occupantes, l’abandon des forts militaires le long de la piste Bozenam aincy que des garanties territoriales sur une réserve de 240 000 kms carrés (comprenant la partie occidentale du Sud-Dakota, le nord du Wyoming et l’est du Montana). Toutes les requêtes sont accordées ; c’est la victoire de la résistance : les Sioux recouvrent la souveraineté de leur territoire, contrôlant totalement l’immigration blanche. Les yankees violent le traité lorsqu’ils découvrent de l’or sur les terres sioux : Nuage-Rouge tente alors de faire respecter celui-ci par la force et tout blanc rencontré à l’intérieur des frontières est considéré comme un ennemi à supprimer. Les longs-sabres de refouler les indiens dans leurs réserves : après maintes scènes de guérilla, une campagne militaire est lancée en 1876, qui se conclut le vingt-cinq juin 1876 par la défaite du général Custer à Little Bighorn. Si Nuage-Rouge ne participe point aux batailles de Little Bighorn et de Little Rosebud, son fils l’y représente (à cette époque, il joue surtout un rôle de conseiller). Peu après, il est cerné par les troupes du colonel Mc Kenzie, qui désarme son Peuple et les envoie à Fort Robinson (Nebraska). Ils sont ensuite transférés à l’Agence de Pine Ridge (Dakota du Sud), où ils y vivent pendant une trentaine d’années. En 1880, Nuage-Rouge fait appel au professeur Marsh, de Yale, afin de dénoncer les abus et fraudes commis par l’agence : les preuves ne furent jamais reconnues officiellement par les autorités. En1890, Nuage-Rouge est suspecté de connivence avec la Ghost Dance, mais aucune certitude n’est établie en ce sens. Nuage-Rouge ne prend point part aux affrontements de 1890-1891.
Nous projetons de publier d’autres portraits de ces immortels chefs amérindiens, dont la destinée doit faire réfléchir les Nationalistes de tous les pays : victimes de l’immigration sauvage — qui se présenta dès le Thanksgiving Day comme l’alibi humanitaire de l’impérialisme — les Peuples des Grandes Plaines doivent susciter notre admiration autant que notre pitié : ne commettons pas les mêmes erreurs, mais sachons, à leur exemple, rester dignes dans la tourmente, fiers de notre héritage et prêts à tout pour le défendre, loin de toute clémence criminelle qui fait le lit des capitulations !
Protadius
Marc George à Rouen
(trente-et-un Xbre 2009)
Disons-le d’emblée : par l’émulation qu’elle constitua, la visite de notre camarade et Secrétaire Général a permis de resserrer et de grossir nos rangs (plus quatre adhésions et une réadhésion en une journée !) après une phase d’expectative, de démobilisation partielle consécutive à la campagne antisioniste des européennes qui, par son intensité, avait quasiment coupé les contacts entre les sections provinciales et Paris. En conséquence, nous remercions chaleureusement Marc George et S. (responsable des relations avec le milieu associatif des banlieues) — qui l’accompagnait — pour leur entrain, leur optimisme communicatif et leur sens de la pédagogie.
Six militants, dont Sébastien (secrétaire national à la formation, responsable de la Normandie et temporairement en charge de la Picardie) accueillirent les deux membres du Bureau national dans un petit restaurant du centre-ville. À table, Marc George fit un très intéressant exposé de l’histoire complexe du Front national, de ses courants divers, de ses scissions dramatiques et de ses personnages hauts en couleurs, avant d’évoquer librement certaines grandes figures du nationalisme français susceptibles de composer notre panthéon officiel : il s’agit à terme, selon lui, d’inscrire Egalité & Réconciliation dans une tradition populiste qui reste à écrire, en somme de connaître d’où nous venons pour mieux saisir notre être collectif et mener la mission qui nous incombe.
L’après-dînée, nous nous réunîmes chez Sébastien : nationalistes des villes et des bourgs, venus de Rouen, de Caen, du Plateau cauchois ou de la Boutonnière brayonne, du Cotentin ou du Vexin, Français tout simplement ; en tout, une bonne vingtaine d’hungry young men de dix-sept à soixante-sept ans, représentative de la moyenne nationale par sa ferveur et son dynamisme.
Marc George commença par nous entretenir de la situation inédite que constituait dans
l’histoire de la France une vague d’immigration sans précédent (dix millions de personnes entrées depuys 1974) : comme il est irréaliste et donc antipolitique de rejeter cette vague à la
mer, il nous faut envisager les moyens qui s’offrent encore au camp national de conjurer la menace que fait peser cette immigration massive sur l’identité nationale et conséquemment sur
l’homogénéité, la conscience de classe du corps social.
Il expliqua que la seule manière de répondre à un péril pressant était l’élaboration d’une synthèse
a minima entre les différents héritages (les différentes familles de pensée de la France, pour parler comme Barrès), ayant pour préalable l’arrêt sans conditions de
l’immigration : là-dessus, les musulmans présents dans l’assistance nous parlèrent de la distinction entre tradition maghrébine et religion et des moyens de la dépasser, moyens par
lesquels on prouve par ailleurs l’universalité de l’Islam !
Je ne reprendrai ici qu’un seul exemple entre tous, qui a le charme de la simplicité :
pourquoi confondre pratique religieuse et orientalisme en rompant le jeûne du Ramadan à la table d’un pâtissier tunisien ou d’un kebab, quand on peut très bien consommer à cette fin une bonne
religieuse de chez nous (blague anticatholique primaire à part)?
Puys, nous abordâmes le sujet des multiples Islams : Marc George nous parla rapidement des alliés potentiels (la majorité), des partisans honnêtes de l’Oumma (Frères Musulmans et leur internationalisme qui confinerait parfois au mondialisme, n’était leur volonté de faciliter l’assimilation des musulmans à leurs terres d’accueil comme en témoigne le combat courageux de Tariq Ramadan contre la communautarisation menée tambour battant par Sarkozy, CFCM & consorts et les tartuffes du laïcisme athéiste à la Charlie-Hebdo) et des ennemis déjà déclarés (salafistes) ; la première partie de la discussion aura aincy porté sur la famille de pensée française la plus récente avant que nous évoquions, dans la seconde partie de l’après-midi, le Peuple français dans son entier.
A la question : comment toucher les masses ? Marc George répondit en
premier lieu par la nécessité d’un réveil spirituel que nous ne pouvions décréter ; pour viser la majorité, soient les gens qui n’ont pas de pavillon (descendants du
métro de Malraux), il était urgent de nous organiser et de nous tenir prêts, quoi qu’il advienne. Sébastien ajouta que d’un point de vue trotskyste, les conditions objectives de la
Révolution étaient réunies depuys un certain temps, à tel point qu’on pouvait sacrifier en partie l’optimisme de la volonté au pessimisme de l’intelligence en constatant que la situation était
plus que mûre, qu’elle avait, même, "commencé à pourrir".
Notre Secrétaire Général put alors nous entretenir du prochain congrès fondateur :
reporté au printemps 2010, celui-ci ne serait en fait qu’organisationnel, les ponts n’étant pas totalement coupés — loin s’en faut — avec le FN ; des discussions sont à envisager avec
marinistes et golnischiens… discussions sur la tactique dont la teneur n’est naturellement point à retransmettre sur un blog public !
La création d’une véritable structure partidaire serait donc reporté à 2012 pour des raisons évidentes. Ajoutons qu’à la grande conférence complotiste organisée dernièrement à Paris sous la direction du Libre Penseur, de nombreux militants d’E&R ont exercé leurs talents de propagandistes, effectuant une moisson prometteuse. La présence d’Alain Soral à une prochaine réunion de ce genre permettrait sans aucun doute de liquider les tentations de complotisme intégral qui aliènent la majorité des consciences révoltées et de renverser la salle en faveur d’un programme politique clair : la puissance, la jouissance d’agir ont tôt raison du fatalisme et de la résignation stérile quand elles soutiennent un appareil solide et des chefs déterminés.
Quant aux stratégies qui se dessinaient, Marc George mit sur la table le cas Villepin : l’ancien premier ministre, ayant surmonté l’épreuve judiciaire avec beaucoup de panache, mérite en effet toute notre attention maintenant qu’il incarne la bourgeoisie gaulliste parvenue au stade résiduel et dont les intérêts contredisent ceux de la surclasse transnationale. Malgré son oui au TCE dont l’application empêcherait dans les faits une nouvelle opposition éclatante du gouvernement français à quelque opération de l’OTAN, il demeure l’homme qui a dit non à la tribune de l’ONU s’agissant d’une seconde guerre du Golfe : Marc George nous apprit que des camarades d’E&R avaient déjà rejoint le Club Villepin et participé à sa grande réunion peu après la fin du procès Clearstream. En 2012 ou avant, appeler à voter pour luy contre Sarkozy (évidemment) plutôt que pour le candidat FN (surprenant) suffirait peut-être dans l’esprit des journaleux à nous retirer l’étiquette d’extrême-droite ? Un avantage parmi d’autres où l’intérêt national et international se distingue si bien qu’il n’est pas besoin de l’expliciter…
Se posa juste ensuite la question de l’appréciation qu’E&R portait sur le Front de Gauche, Mélenchon ayant été à notre connaissance le seul responsable à dénoncer le futur grand marché transatlantique (levée des barrières douanières entre USA et UE en 2015). Marc George répondit qu’il était tout à fait naturel que nos suffrages allassent à une gauche du travail sérieuse, conséquemment susceptible de révéler par sa cohérence l’imposture du NPA ; il nous apprit en revanche que l’individu Mélenchon, avec sa grille de lecture antifasciste quelque peu dépassée, vouait une haine farouche à toute forme de nationalisme, même chaviste et qu’il avait nous avait déjà glissé des bâtons dans la roue, usant de son influence pour nous empêcher de rencontrer le commandante vénézuélien : pas question d’entrisme de ce côté, sauf pour satisfaire ses penchants masochistes, donc.
La séance levée, l’assistance partagea un succulent apéritif préparé par L. et M. — par ailleurs nos plus actifs militants de terrain, que nous remercions mille fois de leur énergie et de leur disponibilité — avant de se rendre dans un restaurant exotique où la conversation roula sur la politique (Marc George souligna les ambiguïtés du PDF de Carl Lang et fustigea brillamment les Identitaires comme officine racialiste au service de l’euro-mondialisme) et l’histoire, controverses courtoises bien qu’enflammées qu’il serait impossible de restituer dans le détail.
Après que nous eûmes porté une santé à la Nation, nous nous fîmes une excursion nocturne dans les rues de la seconde métropole du royaume, admirant les chefs-d’œuvre d’architecture médiévale qui font sa gloire. Nous nous séparâmes au pied du bûcher funeste, marqué aujourd’huy par une haute croix de pierre, pour nous promettre que la grande cause qui est la nôtre, mille fois ressuscitée des cendres de ses martyrs, était promise au plus bel avenir, celuy de la dignité recouvrée et de l’indépendance.
Protadius
Jean-Pierre Stirbois : une ébauche de témoignage.
Préambule.
Il est des hommes qui marquent. De toute évidence, Jean-Pierre, pour ce qui me concerne, en fait partie. Pas évident, plus de trente ans plus tard, d’en dresser un portrait. Je m’en garderai donc bien.
J’ai croisé Jean-Pierre Avant. Avant le Front, avant l’Union Solidariste, avant Dreux, avant tout ça.
Mais je me dis qu’après avoir dressé l’ébauche de portrait de François Duprat, il serait injuste de ne pas lui rendre hommage et fidélité. À lui aussi.
Contexte.
Stirbois, pour moi, c’est le prototype du militant et de l’organisateur. Il le prouvera amplement par la suite, en Eure-et-Loire évidemment, mais aussi au niveau national en tant que Secrétaire Général du Front National. Mais de cette période, je n’ai rien à dire. J’aurais pu reprendre contact. Je n’en ai rien fait.
Je me souviens donc du Jean-Pierre d’avant. Celui d’Impact, des débuts des Groupes Action Jeunesse, de la rue des Martyrs, et pour ce qui me concerne de la gare de Rouen.
Jean-Pierre, dans ce milieu des années 70, est un garçon qui travaille et travaille dur. Imprimeur, il sillonne nos régions normandes et de l’Ouest, et de gare en gare, prend le temps de rencontrer les quelques gamins (dont je suis) au hasard d’un café ou d’un buffet. Contrairement à d’autres chapelles voisines, il vient à la rencontre des militants de province pour distiller son message. Dans ces années-là, il est on ne peut plus clair : anticommuniste évidemment, antisoviétique avec acharnement.
Jean-Pierre est un prêcheur. Il rassemble, pierre par pierre, ce qu’il peut rassembler. Inutile de préciser que les temps sont durs et les moissons peu productives. Jean-Pierre, c’est la culture héritée de l’OAS Metro, avec la méthode et l’organisation héritées de certaines formes de clandestinité, la discipline dans un milieu hostile à la discipline, le militantisme dans un milieu rétif à un militantisme de tous les jours, et de l’abnégation dans un milieu dilettante.
Anecdotes.
Dans ces rencontres, épisodiques par définition, calées aux alentours des années 1973/1974, où éventuellement participait Michel B., ce qui m’a frappé , c’est la distance de Jean-Pierre Stirbois avec la mouvance nationaliste de l’époque. Il serait inconvenant de trahir ces propos, mais le moins qu’on puisse dire, quand même, c’est que le Front National, Jean-Marie Le Pen, et certaines organisations nationalistes ne trouvaient guère de grâce dans ses propos.
Cela ne pouvait évidemment que séduire de jeunes militants, peu enclins au compromis d’une part, et peu séduits par une rhétorique Algérie Française qui polluait nos milieux de l’époque. N’oublions pas que nous sommes dix ans plus tard, et que, des anciens combattants qui plus est défaits, nous n’avons rien à cirer. Pour résumer, le Front National, dans lequel s’était compromis Ordre Nouveau était, au mieux , un parti inutile, au pire un parti de vieux cons dont nous n’avions rien à faire. Quant à Jean-Marie Le Pen, n’en parlons même pas.
Il est inconnu de la mouvance lycéano–estudiantine. À part une frange culturellement ancrée à l’extrême-droite, par atavisme ou filiation, la très grande majorité des jeunes militants de cette époque ne sait rien du plus jeune député de France de la vague poujadiste. La plupart sont rétifs, pour rester correct. A l’aune de cette position, Jean-Pierre, dans ces années-là, celles donc d’Avant, ne conçoit meme pas la possibilité d’une alliance avec une personne dont l’Avenir ne s’inscrit que derrière lui. Comme quoi….
Trente ans plus tard, cela fait curieux d’écrire cela, de la perception que le fondateur de l’organisation du Front avait du Parti dont il sera pendant plus de dix ans le principal organisateur et stratège. Mais il en fut ainsi, à ce moment-là.
Et puis bien sur, il y a la rivalité Duprat-Stirbois. Dois je préciser que ceux là n’auraient pas passé leurs vacances ensemble… comme le disait un célèbre commentateur sportif. Le moins que l’on puisse dire, c’est que du coté de François, l’affect était moyen de chez moyen… Ayant basculé au fil du temps et du militantisme de l’un vers l’autre, il ne me paraît pas innocent de se demander pourquoi.
Peut-être atteint-on là les limites propres à la personnalité de Jean-Pierre. Admirable de dévouement et d’abnégation, organisateur froid et méthodique dans une période ou les parangons de l’Ordre que nous sommes se distinguent surtout par le bordel de leurs propres organisations, Jean Pierre ne manque pas de charisme. Mais il lui manque ce substrat idéologique qu’un anticommunisme féroce (et de bon aloi dans ces temps) ne saurait masquer.
Jean-Pierre est « clean », méthodique, scrupuleux, y compris dans ce qui n’était qu’un groupuscule, mais tout cela parait bien froid, bien trop réfléchi. Militants de l‘Ordre, éventuellement Nouveau, la pagaille ambiante n’en reste pas moins notre maîtresse quotidienne.
On ne se projette pas, on ne réve pas avec Jean-Pierre. François nous dit comment on va prendre le pouvoir avec des nationalistes hindous ou argentins, quitte à ne jamais le prendre, et pendant ce temps, Jean-Pierre nous promet de la sueur, du sang , des larmes, et des boîtes aux lettres ou comment tracter sur les marchés. Pas pareil, il faut bien le dire…
Novembre 1988.
Il y a des moments qui marquent, au moins autant que les hommes.
J’ai appris l’assassinat de François en revenant d’un partiel, à midi le 18 Mars en écoutant, ce funeste samedi, le flash d’Europe 1.
Dix ans plus tard, au petit déjeuner, un autre Samedi dans ma Bretagne, à la veille référendaire sur la Nouvelle Calédonie, j’ai appris l’autre funeste nouvelle, toujours sur la même Europe 1.
Les années passant, et quelles que furent leurs divergences et oppositions, et quelles que furent les circonstances respectives de leurs trop rapides disparitions dont on ne saura trop répéter qu’elles furent terribles, et l’une et l’autre pour le Mouvement National et tous les nationalistes, la pensée que j’ai pour l’un rejoindra toujours celle que j’ai pour l ‘autre.
Merci Jean-Pierre. Merci François.
Un adhérent normand
Tsoka-ne-nde (Cochise), vers 1812-1874. Chef apache.
Chiricahua, chef du groupe Chokonen, il commence à combattre les yankees en 1861, après s’être rendu avec quelques uns des siens chez des soldats pour se disculper de l’enlèvement d’un enfant blanc dont on les accusait : là, ils sont traités en prisonniers. Cochise s’échappe mais le lieutenant George Bascom fait pendre ceux qui l’avaient accompagné, dont son frère Coyuntura et deux de ses neveux (fin 1861, les assassins quittent la région de Chiricahua pour partir à la guerre de l’Est ; Bascom meurt plus tard au cours d’une bataille, fauché par un boulet de canon). En retour, Cochise exécute les quatre étasuniens qu’il avait capturé pour négocier un échange. Il s’engage ensuite dans une guerre ouverte, s’alliant avec son beau-père Mangas Coloradas et devenant chef d’une bande de deux-cents guerriers Chiricahuas et Mimbrenos. Il mène la résistance contre les colons blancs qui envahissent son territoire. A la battaille d’Apache Pass (1862), il subit une défaite face à l’artillerie du général James Carleton. Il est pu après le principal chef apache suite à la mort de Mangas Coloradas capturé par traîtrise, torturé et mis à mort. Il se réfugie avec ses compagnons dans les monts Dragoon et Chiricahua et ils échappent à leurs poursuivants pendant près de dix ans, faisant régner la loi des pères sur tout le territoire apache et la terreur pour l’occupant (raids contre les ranchs, les mines, les diligences et les grivetons gringos. Le racisme n’a pas de place dans la lutte de Cochise pour la liberté : un jour, le blanc Thomas Jeffords, chargé de traverser les terres apaches pour livrer le courrier, vient voir Cochise sans armes, avec un drapeau blanc. Tous deux sont des hommes de parole, croyants en l’honnêteté, la loyauté : une amitié naît, dont le temps n’aura point raison. Cochise s’engage à ce que le courrier passe toujours sans être attaqué du moment qu’il s’agit de missives personnelles et non de messages militaires. La guerre continue, mais les lettres arrivent à bon port.
En 1865, la guerre de Sécession étant terminée, de nouvelles forces sont envoyées dans l’Ouest pour en finir : la troupe de Cochise, très mobile, se réfugiant dans les collines entre deux raids, parvient à tenir l’armée en échec jusqu’en 1871. Après sa reddition, Cochise est sommé de conduire sa tribu dans une réserve du Nouveau-Mexique : il refuse et prend à nouveau le maquis. Au matin du trente IVle 1871, cent-cinquante mercenaires anglais, mexicains et indiens Papago attaquent un camp indien endormi où ils massacrent une centaine d’innocents, femmes et enfants pour la plupart ; les survivants sont placés en esclavage. Le président Ulysses S. Grant, indigné par cet épisode, envoie une commission de paix en Arizona, conduite par le général Oliver O Howard et Vincent Coyler
A l’automne 1872, conseillé par Tom Jeffords, Cochise, amer et découragé, accepte d’engager des négociations avec Howard : au bout d’onze jours, les deux parties s’entendent sur l’arrêt des hostilités et la création d’une réserve à Sulphur Springs, sur le territoire Chicahua, à la condition que celui qui dirigera ladit réserve soit l’ami Jeffords. Cochise y vit jusqu’à sa mort, après laquelle le gouvernement fédéral brise le traité et déplace la tribu de leurs vertes montagnes vers le désert aride de l’Arizona.
À son ami Thomas Jeffords :
Ce sont toujours les faibles qui perdent. Longtemps nous avons été les plus forts. Maintenant, nous sommes les plus faibles. Nous serons battus et nous mourrons, lentement si l'on réussit à nous enfermer dans des réserves, rapidement si l'on nous anéantit au cours d'une bataille. Puis ce sera votre tour. Après en avoir fini avec nous, vous vous tournerez vers d'autres peuples. Je suis certain que vous ne cesserez jamais de vous battre contres ces peuples qui sont sur des terres lointaines, de l'autre côté des océans et qui parlent des langues incompréhensibles. Serez-vous plus forts qu'eux? Vous écraseront-ils? Peu importe. Je ne sais qu'une chose : vous vous battrez sans répit. Partout où il y a des êtres vivants, la guerre est permanente. Nous autres Indiens, nous approchons de notre fin. La vôtre viendra aussi. Un homme fort rencontre toujours un homme plus fort que lui.
À Thomas Jeffords (1874) :
Shikissen, mon frère, crois-tu que tu
me reverras encore en vie ? Je sens la mort venir, ce sera pour demain matin vers dix heures. Crois-tu alors qu'on se retrouvera ? Durant ma maladie, j'ai eu l'occasion d'y réfléchir
bien souvent, et j'en suis venu à la conclusion que les vrais amis se rejoignent là-haut, plus loin que les montagnes, quelque part au-delà des cieux. C'est ce que je
crois.
Réponse faite après la proposition concernant le déplacement de
son peuple sur la réserve de Tularosa au Nouveau-Mexique :
Ceci est un bien long voyage.
Là-bas, les mouches dévorent les yeux des chevaux. De mauvais esprits hantent ces lieux. Je veux rester dans nos montagnes, là où leurs eaux m'ont si souvent désaltéré. Je ne veux pas quitter
mon pays.
Yukio
Mishima (Kimitaka Hiraoka, dit), 1925-1970. Ecrivain, acteur, cinéaste et militaire japonais.
Issu d’une famille paysanne liée aux samouraïs de l’ère Tokugawa, il se prétend tuberculeux pour échapper à la conscription : il se sentira toute sa vie coupable d’avoir survécu et raté la chance d’une mort héroïque. Sorti diplômé de la prestigieuse Université de Tokyo en 1947, il entre au Ministère des finances où il est promis à une brillante carrière, mais sa passion d’enfance, l’écriture, luy impose de renoncer à cette voie toute tracée et il démissionne. Célèbre à vingt-quatre ans, il se sent néanmoins étranger dans le Japon d’après-guerre. Prolifique, il enchaîne chefs-d’œuvre et travaux alimentaires. Pressenti trois fois pour le prix Nobel, il l’abandonne gracieusement à Yasunari Kawabata, son tuteur littéraire. De complexion ingrate, il se forge un corps d’athlète (expert en musculation, arts martiaux et tout particulièrement Kendo) qu’il ne cessera d’entretenir. Sentimentalement, il erre : après avoir envisagé une alliance avec Shoda Michiko, future Impératrice du Japon, il fait en 1958 un mariage de raison sans pour autant renoncer à sa bisexualité, qu’il nie en public. Au cours des années 60, il exprime des idées fortement nationalistes ; en 1967, il s’engage dans les Forces d’Autodéfense du Japon puys forme la milice privée Tatenokai (société du bouclier), destinée à assurer la protection de l’empereur. Trois ans plus tard, il achève sa tétralogie et son œuvre maîtresse La Mer de la fertilité (dernier tome : L’Ange en décomposition) ; le vingt-cinq XIbre, il poste à son éditeur la fin du manuscrit et se rend au Ministère des armées accompagné de quatre jeunes disciples. Au deuxième étage de l’Ecole Militaire du quartier général du Ministère de la Défense, ancien quartier d’Ishigaya, aujourd’hui Mémorial des forces d’auto-défense de l’armée nippone, il prend en otage le général commandant en chef des forces d’autodéfense et fait convoquer les troupes : il leur tient alors un discours en faveur du Japon traditionnel et de l’Empereur, mais la réaction des 800 soldats se fait rapidement hostile. Devant les huées, il se retire vers onze heures. Suivant le rituel, il se donne la mort par seppuku ; un des membres du Tanetokai, Masakatsu Morita, devait accomplir la décapitation mais en raison de ses difficultés (tremblement), c’est Hirosayu Koga qui termine le geste. Morita suit ensuite Mishima dans la mort. Cette tentative de coup d’Etat avait été minutieusement préparée jusque dans sa probable issue tragique : Mishima avait même décrit une action très similaire dans son roman Chevaux Echappés.
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Après la capitulation de 1945, le Japon avait été mis sous tutelle étasunienne au plan culturel, économique, moral, politique et militaire : l’article 9 de la constitution (rédigée par l’occupant américain), constituant à lui tout seul le chapitre II, énonce qu’ :
Aspirant sincèrement à une paix internationale basée sur la justice et l’ordre, le peuple Japonais renonce pour toujours à la guerre en tant que droit souverain de la nation et à la menace de l’usage de la force come une méthode de résolution des conflits internationaux.
Afin d’accomplir le but recherché par le précédent paragraphe, les armées de terre, mer et air, ainsi que les autres potentiels militaires, ne seront jamais entretenus. Le droit de belligérance de l’Etat ne sera pas reconnu.
Il faut comprendre le geste de Mishima à la fois comme un acte suprême de protestation contre le diktat yankee, déni de souveraineté et insulte à la dignité d’un peuple, et un appel aux valeurs des samouraïs, quintessence de l’esprit japonais, que ce texte niait résolument.
Protadius
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Lumumba (Patrice, Emery), 1925-1961. Journaliste, homme d’Etat et héros national congolais.
Autodidacte, il étudie en profondeur la Révolution française, l’histoire d’Haïti, des Etats-Unis et de la Russie. Travaillant dans la société des mines, il se rend compte que les matières premières de son pays jouent un rôle essentiel dans l’économie mondiale, potentiel soigneusement dissimulé à son peuple par l’administration coloniale exploitante : il décide alors de militer pour un Congo uni, se distinguant en cela des autres chefs indépendantistes, possédés par les vieux démons du fédéralisme. Emprisonné en 1956, il est libéré par anticipation et deux ans plus tard invité en Belgique à l’occasion de l’exposition universelle : ulcéré de l’image des indigènes véhiculée par les organisateurs, il noue des contacts avec les cercles anticolonialistes. Dès son retour au Congo, il crée le Mouvement National Congolais (Léopoldville, cinq Xbre 1958) et participe à ce titre à la conférence panafricaine d’Accra au cours de laquelle il revendique l’indépendance de sa patrie devant dix mille personnes. En octobre 1959, le MNC et d’autres partis indépendantistes organisent une réunion à Stanleyville : malgré un puissant soutien populaire, les autorités belges tentent de s’emparer de Lumumba ; ce qui entraîne une émeute soldée par trente morts. Lumumba est arrêté quelques jours plus tard, jugé en janvier 60 et condamné le 21 à six mois de prison. Cependant, les coloniaux organisent des pourparlers avec les indépendantistes : indispensable à leur bon déroulement, Lumumba est libéré de facto le vingt-six. A la surprise générale, la Belgique joue la carte post-coloniale et accorde au Congo l’indépendance, fixée au trente VI prochain. Le jour venu, lors de la cérémonie, Lumumba prononce un discours virulent qui dénonce le bilan du colonialisme belge depuis 1885 (dix millions de morts). Au lieu de s’adresser à Baudouin Ier, présent sur place, il commence son allocution par un salut aux Congolais et Congolaises, aux combattants de l’indépendance… le discours proclame vivement que l’indépendance marque la fin de l’exploitation et de la discrimination, le début d’une ère nouvelle de paix, de justice sociale et de liberté : pour le roi, c’est une humiliation publique.
Le MNC et ses alliés remportent les élections de mai et, le vingt-trois VI, Patrice Emery Lumumba devient le Premier ministre du Congo indépendant. Néanmoins, en attendant la formation des premières promotions d’officiers congolais, une grande partie des cadres de l’armée restent belges et les soldats nègres se révoltent : Lumumba décrète l’africanisation de l’armée et double la solde des soldats. L’Etat belge répond par l’envoi de troupes pour protéger ses ressortissants au Katanga (la région minière par excellence) et soutient la sécession de cette région menée par Moïse Kapenda Tshombé. En septembre, le président Joseph Kasa-Vubu révoque Lumumba et ses ministres nationalistes, mais le Premier ministre annonce qu’il restera en fonction : chef moral de la Nation, il fait révoquer le président par le Parlement acquis à sa cause. Avec le concours des services secrets belges, la CIA (les USA s’effrayent que Lumumba oriente le Congo uni vers le socialisme et fasse appel aux Soviétiques pour réduire les rebelles katangais après que l’ONU ait refusé ses demandes d’aide militaire pour mettre fin à la guerre civile) fournit l’appoint logistique au putsch du colonel Joseph Désiré Mobutu qui crée le Collège des Commissaires généraux et assigne à résidence les résidents congolais. Lumumba parvient à s’échapper et tente de gagner Stanleyville où il a de nombreux partisans : arrêté le deux XIIbre alors qu’il passe la Sankuru à Mweka, il est transféré sur ordre de Mobutu au camp militaire de Thysville. Le dix-sept Ier 1961, Patrice Lumumba, Maurice Mpolo et Joseph Okito sont conduits par avion à Elisabethville (Katanga) où on les livre aux autorités locales. Ils sont colloqués dans une petite maison sous escorte militaire : des responsables katangais (Tshombé, Munongo, Kimba, Kibwe, Kitenge) et les agents belges Gat et Vercheure les y torturent. Tous trois sont fusillés le soir même par des soldats sous le commandement d’un officier belge. Le lendemain, une opération est menée par des agents barbouzes belges pour faire disparaître dans l’acide les restes des victimes, préalablement découpés en morceaux. Plusieurs lumumbistes sont exécutés dans les jours qui suivent avec la participation de militaires mobutistes ou de mercenaires belges. Tshombé lance alors la rumeur selon laquelle Patrice Lumumba aurait été assassiné par des villageois, ignominie qui provoque l’insurrection des paysans, qui prennent les armes sous la direction de Pierre Mulele aux cris d’A Lumumba ou Mulele Mai et conquièrent près de 70% du territoire national avant d’être écrasés par les grivetons de Mobutu.
Après sa mort, le père du nationalisme congolais est très regretté par toute la communauté des Non-Alignés. Mobutu le consacre héros national en 1966. le retour d’Egypte de sa femme Pauline et de ses enfants est considéré comme un événement national. Le 17 janvier, jour de sa mort, est férié au Congo-Kinshasa.
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C’est l’Etat belge qui porte la plus grande responsabilité dans l’assassinat de Lumumba : le comte Harold d’Aspremont Lynden, ministre belge des Affaires africaines et proche du roi Baudouin, écrit le cinq Xbre 1960 que l’objectif principal à poursuivre dans l’intérêt du Congo, du Katanga et de la Belgique est évidemment l’élimination définitive de Lumumba. Ce sont des Belges, précise De Witte, qui ont dirigé toute l’opération du tranfert de Lumumba au Katanga, jusqu’à sa disparition et celle de son corps. L’Etat Belge est en effet le seul à avoir reconnu le Katanga comme état indépendant et l’armée-croupion de celui-ci était dirigée par des officiers belges.
Les archives de la CIA déclassifiées depuis le vingt-et-un juin 2007 témoignent pour leur part des intentions étasuniennes :
En novembre 1962, monsieur (classé) a informé M. Lyman Kipatrick qu’il avait, à un moment, reçu la consigne de M. Richard Bissel de porter la responsabilité d’un projet incluant l’assassinat de Patrice Lumumba, alors premier ministre de la république du Congo. Selon (classé) la méthode devait consister en l’empoisonnement, puisqu’il a mentionné avoir reçu l’ordre de rencontrer le docteur Sidney Gottlieb afin de se procurer le mode d’administration.
Le gouvernement Eisenhower voulait l’éliminer pour éviter un basculement du géant africain dans le communisme et Baudouin voyait en lui et ses thèses économiques une menace pour les intérêts économiques belges (notamment dans le secteur minier). La fédération et le royaume soutinrent l’effort de guerre de Mobutu contre les Maï-Maï. Les mercenaires belges organisèrent l’opération Omegang pour écraser la résistance Maï-Maï au Kivu. Le meurtre de Lumumba fut élucidé par la justice belge sous l’impulsion de François Lumumba qui avait porté plainte contre X et du sociologue belge Ludo de Witt.
Le gouvernement belge reconnut en 2002 une responsabilité dans les événements qui avaient conduit à la mort de Lumumba. :
A la lumière des critères appliqués aujourd’hui, certains membres du gouvernement d’alors et certains acteurs belges de l’époque portent une part irréfutable de responsabilité dans les événements qui ont conduit à la mort de Patrice Lumumba. Le Gouvernement estime dès lors qu’il est indiqué de présenter à la famille de Patrice Lumumba et au peuple congolais ses profonds et sincères regrets et ses excuses pour la douleur qui leur a été infligée de par cette apathie et cette froide neutralité.
Citations
"[Baudouin de Belgique fut] une personnalité remarquable, très soucieuse des autres, attentif à la misère et à tout ce qui peut dégrader l’homme." (Jacques Delors)
Protadius
Général Boulanger (Georges, Ernest, Jean-Marie), 1837-1891.
Pour Paul Lafargue, le boulangisme fut un mouvement populaire justifiable à beaucoup de titres ; pour François Goguel, le boulangisme a donné naissance à la fois au nationalisme et socialisme moderne ; pour René Rémond, le boulangisme a frayé la voie au socialisme.
Le 27 Ier, au moyen des candidatures multiples, le Général Boulanger se présente et est élu à peu près partout. Bien qu’il incarne à cet instant le pays réel, son intransigeance républicaine répugne à l’ignominie d’un dix-huit brumaire. Persécuté, il s’exile et se suicide sur la tombe de Marguerite, dont la mort l’avait rendu inconsolable.
Le Général ne fut point un théoricien du Nationalisme, mais sa prestance et son éloquence suffirent pour assurer le renouveau de l’énergie nationale (M. Barrès) que l’on avait crue à jamais perdue après la débâcle de 70.
Citations
13 mars 1886, à propos des grèves de Decazeville: A l’heure qu’il est, chaque soldat partage avec un mineur sa soupe et sa ration de pain.
Lettre au père Hyacinthe, le treize IVle 1888 : Je veux un gouvernement fort ; mais ce gouvernement ne doit pas être fort par la contrainte qu’il inspire ; il doit l’être par la confiance des masses populaires.
Lettre testamentaire : Marguerite, comment ai-je pu vivre deux mois et demi sans toi ?
Protadius
Général
Perón (Juan Domingo), 1895-1974. Militaire et homme d’Etat argentin.
Officier, ministre de la Guerre, secrétaire d’Etat au Travail et à la Prévision (1943), il lance de grandes réformes sociales qui lui valent le statut de vice-Président (1944) puys l’hostilité des grandes fortunes qui entraîne sa destitution et son emprisonnement (1945). Il est élu Président de la République le vingt-quatre IIer 1946 avec 55% des voix, malgré l’opposition de l’oligarchie et des USA. Soutenu par les masses syndicales, ouvrières et paysannes, il accorde le droit de vote aux Argentines, réforme la Constitution et met en application la doctrine du justicialisme qui, alliant nationalisme, justice sociale, dirigisme économique et neutralité, luy obtient le soutien des descamisados (travailleurs ou « sans-chemise »). Il nationalise chemins de fer, téléphone et certaines entreprises et entreprend la construction de foyers, du siège de la CGT, d’écoles, de colonies de vacances, d’hôpitaux, de cliniques… Il est réélu en 1951 mais ses lois favorables aux enfants naturels et la ferveur mystique du Peuple à l’égard de sa femme Eva mobilisent contre luy les cléricaux, bientôt rejoints par les militaristes et le vieux système des partis (socialistes, radicaux, conservateurs, sociaux-démocrates). Il est contraint à la démission (seize IXbre 1955) et à l’exil pour épargner à sa Patrie la guerre civile. S’ensuivent la suppression des contributions bénévoles du service public et de la Caisse d’assistance sociale, dix sept ans de terrorisme, de disparitions, d’assassinats de syndicalistes… Perón rentre triomphalement le vingt VI 1973, est élu Président le douze Xbre par 61,5% des voix mais meurt le premier VIIlet 1974. Sa veuve tente de continuer son œuvre dans un climat d’anarchie savamment entretenu par l’extrême gauche et d’inflation (800%) orchestrée par l’oligarchie qui provoquent une grève générale en juillet 75. Un coup d’état néo-nazi met fin à l’expérience péroniste au printemps 76.
Protadius
Général
Malet (Claude, François de), 1754-1812. Militaire français.
Noble périgourdin, il est déshérité pour son soutien à la Révolution. Sa valeur et ses talents le font promptement élever au grade de général de brigade. Cité honorablement dans plusieurs rapports militaires, il est distrait de l’armée active et envoyé à Bordeaux pour commander la Gironde après s’être montré hostile à Bonaparte dès les débuts du Consulat. Indomptable, il vote contre le Consulat à vie puys contre l’empire. Son opposition républicaine est de plus en plus vive et en vain le régime essaye-t-il de le gagner en lui envoyant le titre de commandant de la légion d’honneur. Il démissionne après que Napoléon se soit fait proclamer empereur. Il est mis en disponibilité puys en retraite (1805). Nommé gouverneur de Pavie, de Rome ensuite, avant d’être chassé pour propagande républicaine, il est interné de 1807 à 1808. Libéré, il ourdit une conspiration : trahi, il est détenu en 1809 dans une prison d’état (La Force) puis placé en résidence dans une maison médicale. Après quatre ans de détention, il voit que le bellicisme bonapartiste mène la France au désastre (la grande armée s’est évanouie dans les neiges de Russie et l’Europe entière s’apprête à fondre sur la Patrie) ; aussi, à la nuit du 24 Xbre 1812, essaie-t-il de rétablir la République en s’évadant pour s’emparer de la préfecture de la Seine et du gouvernement militaire de Paris au moyen de faux documents (dont un sénatus-consulte annonçant la mort de Napoléon en Russie). Reconnu par le gouverneur, il l’abat d’un coup de pistolet, mais se fait arrêter par la garde. Condamné à mort le 29, il est fusillé le même jour avec douze compagnons, dont un certain nombre de royalistes patriotes. Tous refusent de se faire bander les yeux au moment fatal.
Citations
Au président du tribunal, qui lui demandait qui étaient ses complices :
La France entière et vous-même, Monsieur le président, si j’avais réussi.
A ses amis Lahorie (parrain de Victor Hugo) et Guidal, désespérés par la sentence :
Vous vous lamentez et vous paraissez craindre la mort ; sachez donc que dans six mois, il se portera des coups plus terribles et plus sûrs…
Ce coup d’état manqué, d’inspiration royaliste et d’exécution républicaine (Fouché) constitue la première entreprise nationaliste d’alliance entre la gauche du Travail et la droite des Valeurs contre le despotisme et l’impérialisme.